« Frères de la nuit » : récit de destins singuliers

#Everybodysperfect  – Entre fiction et documentaire, « Brothers of the night », ou Frères de la nuit se déroule à Vienne et relate la vie de jeunes Roms dans le milieu de la prostitution. Présenté lors du festival Everybody’s perfect qui se déroule à Genève du 14 au 22 octobre, DécadréE dit tout.

 Publié le 20.10.2016 par FANNY SCUDERI

Ils ont immigré à Vienne dans l’espoir de s’y faire un peu d’argent car dans leur pays d’origine, en Bulgarie, ils ne trouvent aucun travail. Ils cherchent d’abord un « travail normal » comme ils disent, mais trop d’obstacles se dressent devant eux : la langue, la précarité, l’interdiction de travailler. Ils tentent ensuite de gagner quelques sous pour se payer le billet du retour en Bulgarie et mendient. Puis, par une expérience hasardeuse ou par quelques contacts, se rendent compte qu’ils peuvent gagner de l’argent en vendant leur corps. Finalement, ils offrent leurs services au Rüdiger, un bar à gigolos. Entre deux passes, ils jouent au billard, boivent ou fument, partagent leurs expériences et les tensions qui en émanent. Ils sont à la croisée des cultures, vacillant entre les mœurs autrichiennes et les leurs et cherchent à trouver ensemble un équilibre.

 Avec sensibilité et sans misérabilisme

 Des destins qui semblent malheureux et précaires, mais jamais misérables. Le réalisateur nous montre des courageux, des solidaires, des jeunes hommes qui refusent la fatalité. Ils rêvent d’autre chose, d’un avenir meilleur et partagent ensemble ce qu’ils ont de mieux : une solidarité. Car ici, ils sont la seule famille sur qui ils peuvent compter.

Ils deviennent le temps d’un film, héros de leur destinée.

 Entre fiction et documentaire

 Le réalisateur signe son premier long-métrage documentaire. Passionné par cette bande de garçons, épris de liberté mais enfermé dans une précarité financière, il les interviewe. Ensuite, il leur demande de jouer leur propre rôle. La mise en scène est méticuleusement travaillée, certaines scènes carrément théâtralisées. Le film oscille volontairement entre documentaire et fiction, c’est pourquoi il est nominé dans les deux catégories au festival à Genève. Cette particularité constitue la force du récit.

 Le long-métrage a déjà reçu trois prix dans différents festivals. Va-t-il en recevoir un quatrième à Genève ? Réponse samedi soir, et en attendant le festival continue !

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