Katsuko Saruhashi, promouvoir la paix et les femmes

Katsuko Surahashi, reconnue tant pour ses recherches sur le réchauffement climatique que sur nucléaire prouve que l’on peut être distinguée en tant que femme scientifique et en faire profiter les femmes du monde entier.

Publié le 18.02.2017 par MAUD MARCHAL DOMBRAT

Née en 1920 à Tokyo, la japonaise Katsuko Saruhashi a marqué l’histoire des sciences dans son pays. Première femme obtenant un doctorat en chimie dans la prestigieuse université de Tokyo et première femme membre du conseil des sciences de Tokyo, Katsuko Saruhashi vaut la peine qu’on s’intéresse à son parcours. En plus d’être une femme scientifique de renom, elle consacra sa carrière à la promotion des femmes scientifiques et à la paix dans le monde.

Avoir un doctorat n’est pas une chose aisée, mais la tâche peut-être encore plus ardue lorsqu’on est unE précurseurSEUSE dans son domaine. C’est le cas de Katsuko Saruhashi, première femme docteure en chimie provenant de l’Université de Tokyo. La réputation de cette scientifique va pourtant bien au-delà de sa figure de pionnière. En plus d’être une des femmes scientifiques les plus reconnues au Japon, l’influence de ses recherches dépasse largement les frontières de son pays.

En effet, la jeune chercheuse se distingue très vite, notamment par le sujet novateur de sa thèse. En se penchant sur la concentration du dioxyde de carbone dans l’eau de mer, Katsuko Saruhashi propose un outil de compréhension innovant quant à la lutte contre le réchauffement climatique. Au cours de ses travaux, elle réalise que les eaux du pacifiques relâchent globalement deux fois plus de ce gaz qu’elles n’en absorbent. Ces recherches lui prendront des années, bien après l’obtention de son doctorat. Le jeu en vaut cependant la chandelle, puisque les résultats de ce travail continu ont un impact fort sur la lutte contre le réchauffement climatique. Ces résultats suggèrent en effet que les océans n’auraient alors qu’un rôle mineur en terme d’absorption des gaz à effet de serre, découverte surprenante à l’époque.

Ces résultats qui la distinguent déjà, ne vont cependant pas l’empêcher d’aller plus loin. Au début des années 1950, les États-Unis, l’union Soviétique et quelques autres états testent des bombes atomiques, libérant de la radioactivité dans l’air. Soucieux de telles retombées, le gouvernement japonais demande alors au laboratoire dans lequel Saruhashi travaille de mesurer la radioactivité retombant sur le Japon. La scientifique prend alors la tête de ce projet, le premier de ce genre. Les résultats de ces recherches servirent alors de base pour inciter les États-Unis et l’Union Soviétique à cesser leurs tests nucléaires à l’air libre en 1963.

Katsuko Surahashi sera largement remarquée pour ses travaux novateurs et pour son influence sur des sujets aussi fondamentaux que le nucléaire et le réchauffement climatique. En 1980, elle sera d’ailleurs la première femme a être élue au conseil des sciences de Tokyo.

La scientifique prend sa retraite en 1981, mais sera par la suite récompensée par des prix prestigieux. Suharashi est ainsi la première femme à gagner le prix Miyake de géochimie, puis remportera le prix Tanaka de la société scientifique des eaux de mer.

En plus de sa carrière impressionnante, Katsuko Surahashi a lutté durant sa vie pour la place des femmes dans le monde scientifique. En 1958, elle fonde la société des scientifiques japonaises, dans le but de promouvoir les femmes dans la science et de contribuer à la paix dans le monde.

A la fin de sa carrière, la célèbre scientifique créée le prix Saruhashi, dont le but est de récompenser les japonaises ayant apporté d’importantes contributions en science. Le but est également de proposer des modèles aux plus jeunes femmes scientifiques., dans un milieu très masculin où il n’est pas toujours facile de se faire une place. Pour cette grande femme, ce prix a pour objectif de « souligner les capacités des femmes scientifiques. A chaque fois, les gagnantes n’ont pas été que des chercheuses prolifiques, mais aussi de merveilleuses personnes. »

Katsuko Saruhashi décède en 2007 d’une pneumonie, après avoir pendant si longtemps ouvert la voie à une nouvelle génération de jeunes femmes scientifiques.

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