Le flic en talons hauts

#Everybodysperfect – « Le flic en talons hauts » est un film coréen de Jin Jang. Jouant avec les codes du polar, le réalisateur propose une œuvre inédite et surprenante. Critique.

Publié le 21.10.2016 par MAUD DOMBRAT MARCHAL

Ji-Wook apparaît aux yeux de tous comme un policier endurci et ultra-viril. Son quotidien inclut casser des gueules et arrêter des trafiquants de drogue, tout cela sans jamais broncher. Archétype le plus classique du héros taciturne et cool, à la limite du surhumain, Ji-Wook est vu par ses collègues et amiEs sous le prisme du héros invincible.

Pourtant, Ji-Wook souffre de cette situation, car au-delà des apparences, c’est une femme.

Un mélange des genres réussis

« Le flic en talons hauts », c’est tout d’abord un polard sud-coréen violent, aux accents de mafia et de combats sanglants. Si jusque là le résumé n’a rien de novateur, le film prend une nouvelle dimension en y incorporant des problématiques transsexuelles. Plus qu’un détail, la transidentité de l’héroïne nourrit l’histoire de mafia tout autant que l’histoire de mafia nourrit celle de la transidentité. Les deux couches de l’intrigue se superposent et s’entremêlent pour créer une histoire d’un genre inédit.

Une destruction de la masculinité

Alors qu’au grand jour, Ji-Wook surjoue la virilité avec ses collègues de travail, on suivra pas à pas son évolution dans les milieux trans*. Entre les piqûres d’hormones et les séances de maquillage, elle tente de son mieux, en secret, d’apprendre à se comporter de manière plus « féminine ».

A plusieurs reprises, le film joue et exagère la masculinité et la féminité des personnages, mais c’est souvent pour mieux les détruire et les remettre en question.

Une fin qui laisse perplexe

Pourtant, « le flic en talons hauts » peut laisser dubitatif sur plusieurs points. On se perd parfois un peu dans les multiples couches de l’intrigue et malgré des personnages bien écritEs et attachantEs, leurs réactions sont parfois surprenantes. Le meilleur exemple en est la fin, où le choix du personnage principal nous a laissé perplexes. Le mieux encore pour juger ce film atypique, c’est d’aller le voir ce 22 octobre à 22h30 au théâtre du Grütli.