Les Fringantes : quand shopping et solidarité font bon ménage

Aider les femmes à sortir de l’isolement et à trouver leur place sur le marché du travail, telle est la mission que s’est fixée Les Fringantes, charmante boutique de seconde-main à Genève.

Publié le 21.09.2017 par Elodie Feijoo

Initiative de l’association SOS femmes, la boutique a été créée afin de permettre aux femmes issues du milieu de la prostitution de sortir de leur confinement et d’évoluer dans un environnement différent. Pour ce faire, la boutique propose un stage destiné à « toutes femmes vivant une situation difficile, un isolement, une exclusion (travail, famille, santé, culture, langue, etc..) »[1] et veille à former des équipes de stagiaires provenant de divers milieux. La longue file d’attente se formant à l’entrée de la boutique à l’heure du dépôt des vêtements témoigne de l’engouement des clientes pour la boutique. Parmi elles, la plupart souhaitent compléter ses revenus et/ou faire de bonnes affaires; certaines clientes sont quant à elles au courant du but social louable de la boutique et désirent contribuer au projet.

 Océane Wagner, responsable de la boutique, nous explique le déroulement du stage aux objectifs doubles : insertion sociale et insertion professionnelle. Tout débute par un entretien avec la potentielle stagiaire afin d’évaluer ses envies et besoins. Il est nécessaire de posséder un permis à jour et des connaissances de base du français en raison du contact avec la clientèle. Aucune expérience professionnelle préalable n’est quant à elle exigée. La durée du stage est de six mois, renouvelable deux fois, et les stagiaires sont constamment accompagnées par une équipe encadrante composée de deux travailleuses sociales et d’une étudiante de la haute école de travail social. En plus de l’accompagnement professionnel très complet, des ateliers thématiques allant de la recherche d’emploi à la gestion des frais médicaux et garde des enfants sont proposés.

Des demandes nombreuses

 « Il est frustrant de ne pas pouvoir proposer immédiatement un stage à une personne en situation de détresse », nous confie Océane Wagner. En effet, en raison de l’accompagnement personnel dont bénéficient les stagiaires et de la capacité de la boutique limitée en terme de taille, la structure ne peut accueillir que quatre stagiaires par après-midi. Avec, sur certaines périodes, deux à trois femmes par semaine se présentant avec l’envie d’effectuer un stage, il y a une liste d’attente de plusieurs mois.

Un bilan positif

 Les vertus du stage vont de la reprise de confiance en soi à l’acquisition ou consolidation de compétences professionnelles. Les stagiaires apprennent à utiliser une caisse, à conseiller la clientèle et , partie la plus redoutée, à négocier avec les clientes afin de fixer un juste prix. De plus, les stagiaires reçoivent de la part de l’équipe encadrante un soutien dans leurs procédures de recherche d’emploi et dans l’élaboration d’un projet de formation. Avec plus de 25’000 vêtements déposés, 39 stagiaires accueillies, dont 47% ayant trouvé un emploi à l’issue du stage[2], les chiffres de l’année 2016 sont positifs et plus qu’encourageants pour l’équipe des Fringantes.

Envie de passer à la boutique pour faire des achats ou déposer des habits tout en contribuant à une action sociale en faveur des femmes?

 

Rendez-vous au 4 rue Vignier à Genève dès 14h30.

 

 

[1] http://www.sosfemmes.ch/fr/les-fringantes-2/

[2] Factsheet du rapport d’activités 2016, Les Fringantes

Une réflexion sur “Les Fringantes : quand shopping et solidarité font bon ménage

  1. Une magnifique initiative qui, j’espère, pourra se reproduire ailleurs, où cela peut être tout autant utile!!! Bravo aux initiatrices-eurs!

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