Un mois sans harcèlement de rue

L’association Mille Sept Sans à Fribourg a déclaré le mois de mai, sans harcèlement de rue. Son outil? Des affiches reprenant le fameux dicton « En mai, fais ce qu’il te plaît ».

Publié le 31.05.2016 par VALERIE VUILLE

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On l’avait entendu dans la bouche de nos parents, lorsque le short ou le belle robe d’été, nous tendaient les bras en avril, il tapisse maintenant les rues de Fribourg d’un ton engagé. Le dicton « En mai, fait ce qu’il te plaît » est le nouveau slogan de l’association contre le harcèlement dans les lieux publics, Mille Sept Sans. Photos en noir et blanc affichant fièrement des filles en mini-jupe ou en short, des couples LBGTQI et bien d’autres attitudes, ces affiches revendiquent le droit à la liberté dans l’espace public.

Tout a commencé en février 2015, lorsque Natasha Stegmann et ses acolytes décident de fonder une association contre le harcèlement dans les lieux publics. «Notre but est de sensibiliser au harcèlement dans l’espace public, explique Natasha, présidente de Mille Sept Sans. La rue en fait partie bien sûr, mais pas seulement. Nous agissons à travers des campagnes, des stands et nous participons également à des débats. » L’association lance une première campagne en 2015. Elles tapissent les rues de Fribourg, avec des insultes et des interactions fréquentes lorsqu’on parle de harcèlement. Le but : faire ressentir à touTEs la sensation d’être harceléE et graver sur le papier des mots souvent lancés en l’air. Jugée trop violente, et mal comprise, la campagne est parfois déchirée et suscite de fortes réactions.

L’humour comme arme

Pour 2016, l’association décide d’utiliser l’humour. « Nos affiches sont à prendre au second degré, explique la présidente de l’association. On a l’impression que l’on donne la permission aux personnes de faire ce qu’ils souhaitent. C’est absurde. Cette permission, ils n’ont pas besoin de l’avoir ! L’espace public appartient à touTEs !» À travers ce message humoristique, l’association cherche ainsi à ouvrir les consciences. « On a décidé de déclarer le mois de mai, sans harcèlement de rue, déclare Natasha. Mais bien entendu, c’est toute l’année qu’il devrait disparaître ! ».

Un message inclusif

À travers l’humour, c’est également un message profondément inclusif que l’association cherche à transmettre. Loin de se limiter uniquement à la question du harcèlement sexiste, les affiches touchent également les thématiques LBGTQI. « Les femmes sont certes plus touchées par le harcèlement dans les lieux publics, mais elles ne sont pas les seules, précise Natasha Stegmann. Les populations LGBTQI sont aussi touchées. Ce qui est terrible, c’est qu’à cause de ces agressions, elles arrêtent de s’afficher et de vivre librement leur sexualité. » Mais plus encore, l’association a à cœur de toucher à tous les types de harcèlement. « Pour nous, que l’on soit harcelé parce que l’on est une femme, que l’on soit gai ou lesbienne, handicapéE, étrangerEs, noirEs ou en surpoids, cela ne change pas, affirme Natasha. L’espace public nous appartient également et l’on a le droit de s’y balader librement ».

Ce message touche alors tout le monde. «  ChacunE est concernéE ! déclare la présidente de l’association. Le harcèlement est l’affaire de toutEs. C’est très important d’en prendre conscience, car c’est ensemble que l’on peut construire un espace public plus tolérant. »