Voyage cruel au fond de la réalité

Délicat, juste et touchant, le conte cruel que propose Valérie Poirier mis en scène par Martine Paschoud et Philippe Morand amène leA spectateurRICE dans la réalité de la violence.

Publié le 28.02.2016 de VALERIE VUILLE

Tout d’un coup, sans crier gare, la Girafe tombe amoureuse. Ça fait mal, ça saigne, mais ça fait du bien de se sentir petite, entourée par Petits bras, si sûr de lui, si intelligent, si tout…. L’histoire de La Girafe, c’est l’histoire d’un quotidien qui devient souffrance, de la peur de la liste des courses, des pleurs des enfants, mais aussi de l’attente, de la recherche de ces moments d’amours, qui deviennent si rares et si douloureux… L’histoire de La Girafe, c’est l’histoire de petits gestes du quotidien, tous bêtes, qui l’entrainent dans le cercle infernal, qui se transforment en poignards sans que personne ne le remarque,  mais c’est aussi l’histoire de Petit bras, de sa violence et de ses faiblesses, qui le rende délicieusement insupportable.

Portée par Mauro Bellucci et Natacha Koutchoumov, les deux personnages sont touchants et justes. Ils illustrent la réalité de la violence physique et psychique dans un panel d’émotions et de situations infernales.Englobant parfaitement le quotidien de la violence, ce conte qui oscille entre onirisme et réalité crue, n’a pas peur de montrer les coups, la soumission et la complicité silencieuse de la victime, qui se retrouve prise en piège de son amour et de sa maison.

Une pièce magnifique donc, qui sensibilise aux enjeux de la violence. Seul bémol, on regrette que toutes les figures de violences soient représentées par des hommes et que la violence féminine soit elle laissée de côté ;  laissant encore une fois aux femmes, le rôle de victime et de spectatrice.