Women Who Kill, une comédie noire.

Premier long-métrage de la réalisatrice Ingrid Jungmann, Women Who Kill brosse le portrait d’une culture alternative middleclass, en mêlant film noir et comédie romantique lesbienne. Jungmann observe cette culture marginale avec un cynisme amusant et un humour macabre.

Publié le 22.10.2016 par LINN LARSDOTTER

Animatrices d’un podcast sur les tueuses en série, Morgan (Ingrid Jungermann) et Jean (Ann Carr), autrefois amantes, passent le plus clair de leur temps ensemble. Elles semblent se complaire dans cette relation à première vue platonique. Mais leur routine sera bouleversée par l’arrivée d’un nouveau membre dans la coopérative écolocale du quartier, où Morgan donne des coups de mains. Simone (Sheila Vand) est envoûtante – avec la dégaine d’une Uma Thurman dans Pulp Fiction, version 2016 –  Morgan ne résiste pas longtemps à ses avances. Elles tombent amoureuses et semblent filer le parfait amour.

Des événements lugubres, ainsi qu’une once de jalousie, amènent Jean à enquêter sur le passé de Simone. Elle découvre alors non seulement que la nouvelle amoureuse de Morgan vit sous un faux nom, mais aussi qu’elle pourrait être la fille d’une sérial killer notoire, ou peut être même qu’elle est une tueuse sans coeur qui a fait incarcérer sa mère à sa place.

Les spectatrices et les spectateurs sont amenéEs dans les rues et les appartements exiguës de Brooklyn, où le jeu d’ombre participe à créer une atmosphère des plus inquiétantes. Oscillant entre réalité est métaphores, le film est enchanteur de par son imprévisibilité. Entre l’imaginaire perturbé de Morgan, qui a une peur bleue de s’engager émotionnellement, et le réel,  il est impossible de dire à l’avance de quoi sera faite la scène suivante. Finalement, c’est la relation entre Jean et Morgan qui constitue la véritable intrigue du film. Suite à l’interruption de l’irrésistible Simone, peuvent-elles s’autoriser à tomber amoureuses de nouveau et se remettre ensemble?