« Zone relouE » : le harcèlement de rue s’invite dans vos oreilles

Alors que la biennale du genre a débuté le 17 novembre, le Parlement des jeunes Genevois (PJG) met en place samedi 26 novembre l’événement « zones relouEs » sur la plaine de Plainpalais. Quel est le but de ce projet original ? DécadréE vous dit tout.

Publié le 24.11.2018 par FANNY SCUDERI et VALERIE VUILLE

Alors que certains collectifs féministes mettent en place des « zones anti-relous », soit des lieux protégés de tout harcèlement, le Parlement des jeunes Genevois a décidé d’inverser le concept. « L’idée d’un tel projet a débuté à fleurir au sein du groupe de travail sur le harcèlement du PJG, explique Elise Blandenier, Vice-Présidente du PJG et responsable du projet. L’idée est née à la suite de discussions et de partage d’expérience durant lesquelles les participantEs ont constaté que c’était un problème auxquelles elles/ils étaient régulièrement confrontées. »   Le groupe de travail a remarqué que le harcèlement de rue est trop souvent banalisé et pas suffisamment pris au sérieux. C’est pourquoi, il a décidé de mettre en place ce projet de sensibilisation. Dans une zone définie de la plaine, une bande sonore transmettra les différentes interpellations que l’on peut entendre lorsque l’on vit du harcèlement de rue. Loin l’idée de choquer, le but principal du projet est d’informer et de mener à une prise de conscience plus générale de ce qu’est le harcèlement de rue. «Nous souhaitons montrer ce qu’est le harcèlement pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de le vivre », ajoute Elise. C’est aussi dans ce but, que nombreuses associations seront sur place afin de répondre aux questions et d’apporter des informations complémentaires (DécadréE aussi, sera là !).

Il s’agit ainsi pour les organisateurTRICEs d’offrir un espace de partage et de réflexions avec des associations luttent contre ce phénomène et ainsi de thématiser les violences faites aux femmes dont le harcèlement est une des parties émergées de l’iceberg de l’oppression masculine.

Le harcèlement : un monstre qui se décline

Il faut néanmoins rappeler que le harcèlement de rue n’est pas seulement auditif. Nombreux sont les hommes qui, par des regards insistants et des gestes déplacés empoisonnent les trajets, quel que soit le moyen de transport. Le projet du parlement des jeunes a ainsi ses limites et les organisateurTRICEs en sont conscientEs. « Nous avons dû faire des choix, explique Elise. Nous avons décidé de se baser à Plainpalais uniquement pour des raisons d’ordre pratique et non parce que nous pensons qu’il a lieu uniquement dans les quartiers dits populaires. Nous avons également opéré une sélection en ce qui concerne le type de harcèlement que allons traité. Nous sommes conscientEs que le harcèlement se rapporte à tous types de discriminations, cependant nous avons choisi du harcèlement d’ordre sexuel visant les femmes. Nous avons tout de même fait attention d’inclure des interpellations lesbophobes. »

Le harcèlement de rue ne connaît effectivement aucune limite qu’elles soient en terme d’espace, de classe ou de discriminations sous-jascentes. Des insultes transphobes, racistes aux violences lesbophobes ou homophobes, on peut dire que le harcèlement de rue sait s’adapter

La Zone relou est ainsi projet original qui contribue à la visibilisation de ce type de violences et permet à touTEs d’en appréhender par l’expérience du parcours, leur réalité.

Pour venir tester le dispositif et rencontrer les associations qui luttent contre le harcèlement de rue : rendez-vous samedi 26 novembre, de 13h à 17h, à la plaine de Plainpalais.